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Mon Aragon, de Véronique Pestel


Le texte, ci-dessous, est de Bernard VASSEUR. Il a été publié dans le journal l'Humanité du 14 novembre dernier.


Chanteuse de grand talent, parolière de beaux textes et d’une grande sensibilité, compositrice de musiques aux rythmes puissants et aux saveurs multiples, Véronique Pestel vient de publier un disque intégralement consacré au poète.

Jusqu’à présent, de-ci de-là, Véronique Pestel avait inclus dans ses enregistrements des poèmes d’Aragon qu’elle avait « grappillés » (c’est son mot) dans ses lectures des Yeux et la Mémoire ou du Roman inachevé. Mais ici, la chanteuse a ajouté à ce florilège des créations nouvelles jusqu’à composer un somptueux bouquet des treize titres aux parfums d’émotion et au lyrisme de grand vent. Il faut le remarquer : cela constitue une vraie nouveauté.

Jusqu’à présent, on nous donnait souvent à entendre Aragon, mais en reprenant les musiques désormais classiques d’un Léo Ferré ou d’un Jean Ferrat. De son côté, Véronique Pestel a voulu nous donner à entendre « son » Aragon, en le cajolant dans ses musiques à elle et en mettant tout son cœur dans un phrasé sans faille.

Une biographie poétique

Elle témoigne ainsi avec une belle sincérité que l’incendie allumé par le poète ne s’est pas éteint avec les musiciens du passé, mais qu’il continue de nous hanter, de « parler » à notre époque et d’ébranler les jeunes gens d’aujourd’hui. Du coup, ce disque nous offre comme une biographie poétique d’Aragon.

Commencé avec «  le piège à loup de la vitesse » inventé pour les mots par les surréalistes (et c’est l’un des amis de ce «  merveilleux printemps », Benjamin Péret, qui surgit dans le poème déjanté «  Aux prunes »), le voyage se poursuit en passant par les années terribles de la guerre et de la Résistance. Il nous conduit à travers Le Fou d’Elsa jusqu’aux dernières années de la vie du poète (écoutez ce testament pied de nez intitulé «  Jeunes gens qui parlez tout bas quand je passe »).

En fantaisie et en douceur

Il s’achève avec un treizième titre (ajouté in fine et avec bonheur à l’ensemble) : la musicienne y restitue la vision hallucinée du poète devant la mort imaginée de sa femme (et c’est le poème «  Les Yeux fermés » qui nous est jeté au visage dans la douleur d’un quasi-ineffable et qui est l’une des cimes luxuriantes du «  Fou d’Elsa »).

Autre nouveauté : des arrangements musicaux, des orchestrations viennent parfois se joindre à la solitude merveilleuse du piano de Véronique et mettre en fantaisie et en douceur pour l’oreille la pureté de ses mélodies. Et, c’est sûr, vous aurez aussi, à votre tour, en tête et sur les lèvres les vers aragoniens devenus couplets des chants qui composent le disque.

Un spectacle pour les 40 ans de la mort d’Aragon

Ajoutons que Véronique Pestel n’entend pas s’arrêter là. Elle a composé un spectacle autour de ce disque qu’elle veut comme un hommage à Aragon, à l’occasion du quarantième anniversaire de sa mort (rappelons que le poète est décédé en décembre 1982, ce qui fera 40 ans l’an prochain).

Elle y interprète bien sûr les chansons du disque, mais elle y ajoute d’autres poèmes qu’elle dit, d’autres évocations de ses rencontres avec les textes du poète, et cela compose un bel ensemble qui vous marque au plus profond. Ce spectacle, d’ores et déjà disponible, a commencé sa tournée en France et poursuivra sa route tout au long de l’année 2022. Nous lui souhaitons plein succès et bon vent.


On peut se procurer le disque «  Mon Aragon » (18 euros) directement sur le site de Véronique Pestel  : www.veroniquepestel.com Pour le spectacle, les contacts sont les suivants. Lieux de spectacles et médias : veroniquepestel@gmail.com ; tél. : 06 73 34 45 05. Municipalités et collectivités territoriales : jcbarens@orange.fr ; tél. : 06 80 20 50 28.

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